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Introduction D Une Dissertation Dialectique Philosophie

Méthode de la dissertation

Construire un plan : les types de sujets et les types de plans

I. Les types de sujets possibles

La définition générale

Exemples :
  • Qu’est-ce qu’un drame romantique ?
  • Qu’est-ce qu’un chef-d’œuvre ?
  • Qu’est-ce qu’un classique ?

La question délimitée

Exemples :
  • Pensez-vous qu’il soit nécessaire de connaître la vie d’un écrivain pour comprendre et apprécier son œuvre ?
  • Pensez-vous qu’un poème gagne à être expliqué ?
  • Pensez-vous que persuader consiste à « faire penser aux gens ce qu’a priori ils ne pensent pas, à leur faire désirer ce qu’ils ne veulent pas ou ce qu’ils n’ont même pas idée de désirer » ? (M. Aquien et G. Molinié in Dictionnaire de rhétorique et de poétique, introduction)
  • Pensez-vous que la poésie stimule l’imagination du lecteur ?

Le sujet comparatif (→ plan comparatif : comparaison, ressemblances et différences, conclusion)

Exemples :
  • Peut-on dire des Fables de La Fontaine qu’elles sont de très brèves tragédies ?
  • Parmi les genres argumentatifs, quels sont ceux qui font le mieux passer les idées de l’auteur ?
  • Selon vous, lequel du théâtre ou du roman agit le plus puissamment sur son public ?
  • « Il y a deux sortes de romans : le roman qui nous fait oublier la vie, et le roman qui nous explique la vie. » Qu’en pensez-vous ?

La citation : il peut s’agir d’une citation d’un auteur ou d’un critique littéraire

Exemples :
  • Baudelaire écrit que « la poésie n’a pas d’autre but qu’elle même et ne peut en avoir d’autre. » La lecture des Fleurs du Mal vous paraît-elle justifier ce jugement ?
  • En 1898, après les premières représentations de Lorenzaccio, Jules Lemaître écrivait : « Le personnage de Lorenzaccio est aussi riche de signification qu’un Faust ou qu’un Hamlet ; comme eux, il figure dans une fable particulière, l’homme, l’éternel inquiet et l’éternel déçu, sous un de ses plus larges aspects. Et ce personnage est une créature vivante, il est de chair, de sang, de nerfs et de bile. » Vous commenterez ce jugement en vous appuyant notamment sur les théories romantiques du drame.
  • Commentez et discutez cette analyse du genre autobiographique : « L’autobiographie, qui est à la fois témoignage, plaidoyer, justification et réquisitoire, s’inscrit par là dans le judiciaire, auquel elle emprunte sa mise en scène, ses rôles et les modalités de son énonciation. Le judiciaire et le théâtral ont partie liée ici, tant le théâtre est le lieu privilégié du procès, comme dans la tragédie grecque, tant le tribunal ressemble à un théâtre. » (G. Mathieu-Castellani, La Scène judiciaire et l’autobiographie, 1996)
  • « Le comique étant intuition de l’absurde, il me semble plus désespérant que le tragique. Le comique n’offre pas d’issue. » Commentez et discutez ces propos d’Eugène Ionesco in Notes et contre-notes, 1966.

II. Les types de plans

Le plan dialectique

Il permet d’envisager tous les aspects d’une question. Le plan dialectique exprime une thèse dans la première partie, une antithèse dans la deuxième partie et une synthèse (un dépassement) dans la dernière partie.

Quand utilise-t-on le plan dialectique ?

Lorsque le sujet présente une opinion discutable. Généralement, c’est le cas des sujets qui contiennent, dans leurs libellés, les interrogations suivantes : « Pensez-vous que… », « Dans quelle mesure peut-on dire que… », « Suffit-il de… », « Peut-on considérer que… », « Dans quelle mesure peut-on adhérer à ce jugement ? », etc.

Le plan analytique

Le plan analytique répond aux sujets qui demandent une réflexion approfondie. Il ne s’agit pas de discuter, mais de décrire une situation, d’en analyser les causes et les conséquences. Cela revient parfois à traiter un problème selon des divisions temporelles : description actuelle des faits, analyse de ce qui a causé la situation actuelle et évocation de la situation future.

Quels sont les sujets concernés par le plan analytique ?
  • Généralement, ce sont les sujets qui suggèrent, dans la citation ou dans le libellé, les idées directrices de la dissertation. Il convient alors de trouver / de regrouper les idées majeures contenues dans le sujet.
  • Les sujets qui demandent d’évaluer la pertinence ou l’invalidité d’un jugement. L’énoncé du sujet précise alors : « Commentez cette réflexion en vous appuyant sur des exemples précis qui en montrent la validité. », « À l’aide d’exemples, développez la thèse soutenue par ce critique. », « Vous montrerez, dans un développement argumenté et organisé, les limites de cette appréciation. », etc.

Le plan thématique

Le plan thématique permet de mettre en œuvre une réflexion progressive.

Quand doit-on utiliser le plan thématique ?
  • Lorsque le sujet est une question générale. Exemples : « Quelles sont les fonctions de la poésie ? », « Qu’est-ce qu’un bon roman ? », « Quelles sont, selon vous, les fonctions du comique ? », etc.
  • Les sujets invitant à construire un plan thématique portent bien souvent sur les fonctions d’un genre littéraire.
Le sujet invite-t-il à discuter ?
 PLAN DIALECTIQUE
Le sujet invite-t-il à expliquer et à illustrer une thèse ?
 PLAN ANALYTIQUE
Le libellé du sujet pose-t-il une question ouverte ?
 PLAN THÉMATIQUE

N. B. : Parfois, selon l’énoncé du sujet de dissertation, plusieurs types de plans sont possibles.

Testez vos connaissances !

Avez-vous bien compris cette fiche de méthode ?

Conseils de lecture

  
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I- Le plan dialectique

C'est le plan le plus utilisé.

A- Il est organisé en trois parties : thèse, antithèse, synthèse.

I- Thèse défendue (vérité de la thèse)

C'est souvent la thèse du sens commun

II- Réfutation de la thèse et antithèse

C'est souvent une thèse philosophique célèbre, qui détruit le point de vue du sens commun

III- Synthèse, où l'on rapproche les deux points de vue opposés, au sein d'une unité ou d'une catégorie supérieure. Elle réunifie, sans opérer de compromis ni concilier de manière verbale.

Ici, il faut trouver une thèse qui, renvoyant les deux premières dos à dos, montre qu'elles sont toutes les deux également partielles.

B- Problème de ce type de plan

1) La synthèse des deux thèses n'est pas toujours réalisable, ni même légitime.

2) C'est un peu une gymnastique intellectuelle, qui peut agacer certains…

Ainsi lui préferera-t-on le plan progressif (tout en n'abandonnant pas tout à fait le plan dialectique…).

C- Exemple de synthèse

Voici le plan d'une élève de terminale. Son sujet : "Le temps est-il essentiellement destructeur ?".

I- Le temps destructeur

- l'éphémérité de la vie

- l'éphémérité du temps

II- Le temps n'est pas que destructeur

- le souvenir

- l'avancée de l'homme grâce au temps

Sa question : "je ne trouve pas de troisième axe". Elle n'arrive donc pas à faire une "synthèse".

Voici ce qu'on peut proposer :

On va donc montrer le caractère partiel des deux thèses, et trouver un point de vue "supérieur", qui réunifiera les deux thèses en présence. On peut ainsi, en "troisième axe", faire une partie reprenant la thèse I = le caractère destructeur du temps (le passé ne reviendra plus, etc.), mais, cette fois, pour montrer qu'elle ne s'oppose pas à la thèse II. C'est-à-dire que l'on va montrer que, paradoxalement, ce qui dans le temps le fait paraître destructeur, n'est justement pas destructeur : - positivité de l'oubli (cours sur la mémoire, la partie sur Nietzsche) : si on n'oubliait rien, alors, nous ne pourrions pas supporter la vie, nous ne pourrions pas agir (thèse de Nietzsche et de Borgès) - et gain de sens pour l'homme, car cela signifie qu'il n'est pas condamné à revivre les mêmes événements toute sa vie (cf. le film "Une histoire sans fin"); possibilité de tout recommencer à zéro, etc. C'est là tout l'art de savoir trouver la positivité d'une thèse premièrement négative : on montre ici que ce qui dans le temps fait qu'il est destructeur, finit par être ce qui nous fait progresser, aller de l'avant...

II- Le plan progressif

A- Caractéristiques et structure

Il consiste à considérer, par des points de vue successifs, une même notion ou des notions, que l'on étudie en les approfondissant. Il s'agit de partir d'un point de vue relativement superficiel, de manière à atteindre des plans d'analyse de plus en plus élaborés et profonds.

Ce plan a souvent la forme suivante :

I- Première définition élémentaire, proche du point de vue du sens commun ou du discours quotidien

II- Elaboration d'une seconde définition, plus rationnelle ou réfléchie (donc, "philosophique")

III- En arriver à un troisième niveau, plus "transcendant"

B- Intérêt

C'est un plan très fécond pour les intitulés portant sur une notion ("La contingence", "Qu'est-ce qu'une personne?"). En effet, il permet alors l'étude approfondie d'un concept.

Si les intitulés du bac ne sont pas tels, ce n'est pas grave : je trouve que ce type de plan permet aussi une réflexion très intéressante sur des intitulés dits "classiques" (les questions).

C- Exemples

1) Reportez-vous au corrigé du sujet "Peut-on douter de tout?" :

I- du point de vue de la connaissance;

III- du point de vue moral et/ ou politique.

2) "Qu'est-ce qu'une éducation réussie?"

I- Niveau élémentaire : une mise en œuvre des moyens propres à assurer le développement d'un être humain et sa pleine adaptation sociale

II- Niveau éthique : une forme de discipline susceptible de conduire à la formation de la personne

III- Niveau métaphysique : un processus concernant le passage de la nature à la culture, et à la liberté

Conclusion : les points communs de ces deux types de plan

Si j'ai dit à la fin de la première partie que l'on peut adopter ce type de plan tout en n'abandonnant pas le type de plan dialectique, c'est qu'ils ne sont pas sans avoir, selon moi, des points communs. En effet, il me semble que quand on passe, dans le plan dialectique, d'une thèse à sa réfutation, et finalement à leur "réconciliation", on ne peut le faire intelligemment que si l'on change quelque peu les définitions des concepts majeurs, que si l'on change quelque peu de point de vue. Sinon, ça ne peut que donner quelque chose du genre : "à la fois oui, et à la fois non". Ce qui est inacceptable, c'est du pur relativisme -attitude anti-philosophique, cf. Platon!

NB : il y a d'autres types de plans, mais en classe terminale, les deux précédents suffisent. Mais attention : ce sont des canevas, utiles, certes, mais toujours en quelque sorte trop larges pour ce sujet-ci, que vous aurez à traiter. N'hésitez donc pas à innover, à partir de ces deux grands schémas possibles…